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Le discours sur l'état de l'Union européenne, “très attendu” (comme on dit) prononcé le 10 septembre par la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, devant le Parlement européen1, illustre de façon tout à fait éloquente l'exceptionnelle difficulté qu'affronte une Europe chahutée par un contexte international particulièrement préoccupant.
Je n'entends pas résumer un propos extrêmement fourni dont je retiendrai cependant l'introduction qui débute ainsi : “L'Europe se bat. Elle se bat pour l'intégrité d'un continent en paix. Pour une Europe libre et indépendante. Pour nos valeurs et nos démocraties. Elle se bat pour notre liberté et pour notre capacité à décider de notre propre destin. Ne vous y trompez pas, il y va de notre avenir.”
Ce ton, inhabituellement grave et martial, entend afficher la détermination de la Commission face à l'adversité et souligne le caractère vital du combat à mener.
Dès lors, en découle naturellement le virage radical entrepris en ce début de second mandat dont le document programmatique publié récemment2 développe les changements profonds entrepris dans les orientations et les premières réalisations de la commission européenne, dont les deux grandes priorités sont désormais : compétitivité et défense.
Ainsi, le Pacte vert, qui était la première priorité du mandat précédent est relégué au second plan, tandis que l'on prétend tout de même “maintenir le cap”, y compris l'objectif principal d'atteindre la neutralité carbone à l'horizon 2050. Or, on observe déjà que, sous prétexte de compétitivité, les textes omnibus3 le mettent gravement à mal, par exemple en passant à la trappe le devoir de vigilance4. Même la BCE s'en est émue en publiant un communiqué d'une vigoureuse et très argumentée protestation5.
Par ailleurs, parmi les réalisations récentes, deux ont été très critiquées :
Enfin, et c'est sans doute le plus important pour l'avenir de l'UE, Ursula von der Leyen a solennellement appelé à l'unité qui fait cruellement défaut tandis qu'elle est assiégée par les puissances totalitaires. Les divisions des États membres s'étalent au grand jour et la règle de l'unanimité, qui prévaut toujours au Conseil européen, entrave gravement son fonctionnement. Mais, qu'a-t-on fait pour engager les réformes des institutions qui s'imposent d'autant plus dans la perspective prochaine d'un nouvel élargissement8 ?... Rien9.
Il est urgent de sortir d'une situation inacceptable qui autorise un seul État membre à user et abuser de son droit de veto et il est plus que temps d'entendre les rudes propos de Mario Draghi : “Le confort est terminé. Il devient de plus en plus clair que nous devons agir de plus en plus comme un seul État. L’unanimité continuera-t-elle à être le principe directeur essentiel pour la prise de décisions dans notre Union ? (…) Sinon vous devez aussi admettre, pour être cohérent, que vous n’êtes pas capable de maintenir les valeurs fondamentales pour lesquelles cette Union européenne a été créée.”10.
Il y va de notre avenir.
1. Ci-joint le texte intégral du discours d'Ursula von der Layen.
2. Ci-joint Des promesses aux progrès : première année de mandat.
3. On appelle Omnibus la compilation en “paquet” de plusieurs textes : ci-joint article de Toute l'Europe du 26 février 2025.
4. Voyez ici l'article du 21 mai 2025 de France Info.
5. Ci-joint l'article d'Alternatives Économiques du 3 juin 2025.
6. Voyez là l'article du 27 juillet 2025 de France Info.
7. Voyez ici la publication officielle de la Commission européenne (représentation en France) et là l'article très complet de Toute l'Europe du 3 septembre 2025.
8. On entend par élargissement l'adhésion d'un ou plusieurs pays à l'Union. 9 pays sont candidats à l'entrée dans l'UE : Albanie, Bosnie-Herzégovine, Kosovo, Macédoine du Nord, Moldavie, Monténégro, Serbie, Turquie (négociation suspendue), Ukraine.
9. Ci-joint communiqué sur la résolution du 22 novembre 2023 du Parlement européen.
10. Discours du 18 février 2025 devant le parlement européen.