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Les états d'âme de MZ
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Triste comique de répétition

Triste comique de répétition

Le mauvais feuilleton d'une France à la dérive continue, et chaque épisode de la série montre avec éloquence le talent des scénaristes du pire. 

Sébastien Lecornu, le “moine-soldat”(1) qui nous avait promis la “rupture”, après avoir reconduit le gouvernement précédent qui a fait pschitt, vient d'être renommé premier chambellan avec, cette fois, “carte blanche” du Président.

Pour quoi faire et avec quelle probabilité de survie ?

Certes, le président Macron est le premier responsable de cette crise qui n'en finit pas depuis sa troublante décision de dissoudre l'Assemblée nationale en juin 2024.

Mais, qu'ont fait les nouveaux élus de l'aréopage parlementaire pour en sortir ? Rien.
Au lieu de trouver, ou à tout le moins de rechercher des compromis, ils nous ont offert à l'extrême gauche le spectacle navrant d'invectives de sales gosses et à l'extrême droite une respectabilité apparente, les deux étant alliés dans la systématique menace de censure.

Et pendant ce temps, le RN continue de caracoler en tête des sondages, et Marine Le Pen ne semble nullement affectée par sa lourde condamnation, comme si la décision judiciaire n'avait strictement aucune importance, voire lui donnait une aura supplémentaire de victime d'un complot de magistrats.

Il est vrai que les coups portés à l'institution judiciaire, y compris par un ancien président de la République, contribuent à la disqualifier aux yeux de l'opinion publique, tout en sapant les fondements de la démocratie(2).

Le tropisme Trumpien se répand et on aspire de plus en plus à vouloir un sauveur musclé, fut-il un voyou.

Au-delà des causes immédiates, il y a la preuve éclatante que la constitution de la Vème République, taillée sur mesure par et pour Charles de Gaulle, revêt un caractère éminemment nocif pour la démocratie, aggravé par l'élection du président au suffrage universel qui a renforcé son emprise de chef de l'État, devenu une sorte de souverain jupitérien en coup d'État permanent(3).

C'est ainsi que l'Assemblée nationale ne sait plus fonctionner autrement qu'avec une majorité absolue de godillots(4) et que toute la vie politique du pays est centrée sur l'élection présidentielle. Un collègue britannique m'avait dit : “Vous les Français êtes officiellement une République, mais en réalité une monarchie, tandis que nous sommes officiellement une monarchie mais une véritable démocratie.” 

Au fond, trop de facteurs se conjuguent qui nous tirent vers le bas et, telle l'Union européenne, dont le bleu pâlit, nous risquons de sombrer si les réformes indispensables ne sont pas d'urgence engagées.

Je forme des vœux, avant l'heure, pour que les paupières de mes concitoyens se décillent, que le Parlement redevienne le centre géométrique d'une vie politique apaisée et que s'éloigne la funeste perspective que certaine nous promet : “Tout ça va très mal se terminer” (5)

1. S. Lecornu lui-même au 20h de France 2 le 8 octobre.
2. La magistrature est gravement menacée. J'y reviendrai dans un prochain article.
3. Le coup d'État permanent, essai de François Mitterrand (1964) dénonçant l'exercice du pouvoir personnel de Charles de Gaulle, auquel il succombera lui-même durant 14 ans de “règne” de 1981 à 1995.
4. Passé à la postérité pour désigner des membres d'un parti politique suivant sans discuter la ligne du parti, ou des parlementaires, — les “députés godillots” —, obéissant sans discuter à leur gouvernement.[
5. Marine Tondelier, secrétaire nationale des Écologistes, au sortir de l'Élysée le 10 octobre.