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Gaby Bonnand, ancien Secrétaire national à la CFDT, dont je suis le blog avec intérêt, a publié hier un article (ici) relayant le long message de Dominique de Villepin, posté ce jeudi 19 février sur les réseaux sociaux.
Je vous incite à prendre le temps de lire cette remarquable analyse qui pointe le véritable danger qui guette notre République : l'extrême droite et précisément le RN, dont la posture victimaire ne doit pas nous égarer.
Villepin souligne que la diabolisation de LFI profite au RN : “condamner la violence et critiquer LFI ne doivent pas nous conduire à la faute politique majeure, celle de renvoyer dos à dos toutes les radicalités comme si elles étaient de même nature, de même force, de même danger.”
Nous vivons une période où la démocratie vacille sous les coups portés par les tenants de régimes politiques autoritaires, et l'exemple étasunien illustre éloquemment les dégâts épouvantables commis en quelques mois d'administration Trump.
À telle enseigne que la brutalité du nouveau président américain conduit le RN, qui s'était bruyamment félicité de son élection, à prendre ses distances pour ne pas entamer son image de respectabilité...
L'Histoire avec sa grande hache1 montre où nous conduit la loi du plus fort quand elle se substitue à l'état de droit : exacerber les tensions, souffler sur les braises de la violence, jeter l'anathème sur les boucs émissaires choisis parmi les populations les plus fragiles, criminaliser les migrants, préférer l'ordre martial à la diversité culturelle, sont les récurrents ingrédients de l'extrême droite qui dirige, est membre ou soutient aujourd'hui les gouvernements de près d'un quart des États membres de l'Union Européenne2.
Près de 200 eurodéputés (sur 720) siègent désormais au sein des groupes d'extrême droite du Parlement européen, dont les 30 députés RN qui montrent leur vrai visage en contribuant systématiquement à démolir les protections sociales, environnementales et climatiques.3
La véritable montée des périls, c'est laisser s'installer l'idée que l'extrême droite peut être la solution au désordre politique du moment et je partage absolument la conclusion Villepin : “L’heure n’est pas à se compter, elle est à se tenir. Et si la France veut éviter le point de non-retour, elle doit retrouver ce qui fait sa force quand tout vacille : la dignité du débat, l’autorité de l’État, et l’esprit de République.”
1. W ou le souvenir d'enfance, Georges Perec, 1975.
2. Finlande, Hongrie, Italie, République tchèque, Slovaquie, Suède.
3. L'extrême droite a été en tête des élections européennes de 2024 dans 5 pays : Autriche, Belgique, France, Hongrie, Italie. En additionnant les scores des différentes formations d'extrême droite, plusieurs pays se dégagent : la Hongrie (57 % en tout), suivie de la Pologne (48,2 %) et de la République tchèque (41,7 %). En Italie (38 %), en Slovaquie (37,5 %), en France (36,9 %) et en Lettonie (36,4 %), les scores cumulés dépassent également un tiers des voix.